La honte de l’échec professionnel, un symptôme typiquement français ?

Posté par Fed Finance dans Conseils recherche d'emploi
Le 07/11/2016
La honte de l’échec professionnel, un symptôme typiquement français ?
L’échec professionnel évoque souvent une expérience négative, mal vécue. C’est en tout cas le cas de la France, où le mo ...

L’échec professionnel évoque souvent une expérience négative, mal vécue. C’est en tout cas le cas de la France, où le modèle éducatif valorise la réussite. L’élève idéal ? Celui qui n’a jamais échoué. Outre-Atlantique, l’échec est toutefois perçu comme un véritable moteur, à l’image des plus célèbres entrepreneurs (Bill Gates, Steve Jobs, Walt Disney, Elon Musk) qui ont tous échoué avant de connaître le succès.

L’aversion française pour l’échec professionnel

En France, la peur bleue de l’échec règne en maîtresse. La faute au système éducatif, à l’État, aux parents, à la société en général qui nous apprend dès l’enfance qu’il est mal d’échouer. Des leçons de vie telles que l’importance des erreurs pour mieux apprendre, en valorisant notamment les entrepreneurs ayant échoué avant de réussir, ne sont pas enseignées. Cette vision négative de l’échec a pourtant un impact, difficilement mesurable, mais que l’on peut deviner : la dévalorisation de soi et une capacité moindre à rebondir après un échec professionnel.

Les plus grandes idées ont pourtant jailli d’esprits qui ont échoué, et dont le parcours scolaire n’est pas glorieux. Bill Gates, pour qui l’expérience de l’échec surpasse n’importe quel diplôme, a d’ailleurs déclaré « J’ai un ami qui a réussi tous ses examens. Moi pas. Lui est ingénieur chez Microsoft. Moi, je suis le fondateur de Microsoft ». La plupart des grandes innovations outre-Atlantique résultent ainsi de l’expérience de l’échec, et de « sérendipité » (ou « heureux hasard » selon la traduction de l’anglais serendipity). Deux moteurs dont manque cruellement la France.

« L’échec est un diplôme » 

Si, en France, il est coutume de ne pas se vanter de l’échec professionnel, aux États-Unis, il est fortement conseillé d’en parler. À l’image de la Californie par exemple où de plus en plus de recruteurs posent la question : « Quelle est votre expérience de l’échec ? ». La raison : si vous n’avez pas échoué, vous ne pouvez pas innover. Une assertion en partie vraie lorsque l’on sait que beaucoup d’entrepreneurs ont réussi après des dizaines de crashs, sans peur du ridicule. Les frères Wright, qui ne possèdent aucun diplôme, ont d’ailleurs réussi là où les meilleurs ingénieurs n’ont pas triomphé.

Lorsqu’en 1984, François Mitterand a demandé au jeune Steve Jobs « pourquoi la France n’a pas de Silicon Valley ? », la réponse était inestimable : « En Europe, l’échec c’est très grave, si vous ratez quelque chose à la sortie de l’université cela vous poursuit toute votre vie, alors qu’à la Silicon Valley on passe son temps à échouer ». Un constat triste, surtout lorsque l’on sait que la France possède tous les moyens matériels pour avoir sa propre Silicon Valley. Si le « hardware » ne manque pas, le « software » (à savoir la psychologie et l’attitude) manque encore… Car la réussite, c’est avant tout dans la tête.


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